Non, à Marseille, il n’y a pas que l’OM, le Vieux Port et deux ou trois autres clichés rebattus sans cesse par les grandes chaînes.

Les 23 et 24 juin prochains, à quelques encablures du Vélodrome (on n’y échappe jamais totalement, hein), le Festival Marsatac investira le Parc Chanot pour sa 19e édition.

Comme toujours, ça partira dans tous les sens : hip-hop, electro, pop, rock, techno… Seuls principes sur lesquels on ne transige pas du côté des organisateurs : la qualité et l’éclectisme.

Tous ceux qui ont connaissent l’événement savent qu’il est impensable de le manquer. Les autres ? On va se charger de les convaincre. Et avec une grosse trentaine d’artistes à l’affiche, les arguments ne manquent vraiment pas.

Nouvelle édition, nouvelle « maison », nouvelles dates

Depuis sa création, Marsatac a toujours joué les nomades. Cette fois, le festival atterrira donc au Parc Chanot. Par le passé, Bob Marley, David Bowie, Serge Gainsbourg ou encore The Cure y ont joué.

On pourrait craindre que ce site de 17 hectares soit un peu impersonnel. Mais on fait pleinement confiance à l’équipe de Marsatac, qui saura sûrement donner une âme au lieu et à ses trois grandes salles.

L’autre changement notable, c’est la tenue du rendez-vous au tout début de l’été. Habituellement, les concerts étaient programmés au mois de septembre. Quelque chose nous dit que l’atmosphère sera encore plus festive.

La FF reprend du service, et c’est un événement

La Fonky Family est de retour et elle jouera à domicile. Une génération entière a été bercée (le mot est sans doute mal choisi) par les lyrics percutants des rappeurs du 13, diffusés en boucle sur Skyrock à la fin des 90’s.

Le Rat Luciano, Sat, Don Choa et leurs potos étaient déjà là pour la naissance de Marsatac, en 1999. A l’espace Julien, ils étaient venus « foutre leur p’tit bordel » et surtout déballer les titres encore fumants de Si dieu veut, l’album (double disque d’or) qui était en train de faire d’eux des stars du rap game.

Après plus de dix ans de silence dans les bacs et une dernière apparition qui remonte à 2015, la FF reprendra du service, spécialement pour Marsatac. Et ça, c’est du lourd.

Les vieux loups du hip-hop seront de sortie…

Cette formation mythique ne sera pas la seule à représenter le hip-hop à l’ancienne, loin de là. De La Soul sera également de la partie, et on a du mal à cacher notre joie.

Les trois gars de Long Island avancent à la coule depuis près de trois décennies, enchaînent les classiques sans donner l’impression de forcer.

Qu’on ne s’y trompe pas, Posdnous, Trugoy The Dove et Pasemaster Mase n’ont rien de vétérans obligés de cachetonner pour assurer leurs vieux jours.

L’an dernier, ils ont fait un retour inspiré avec And the anonymous nobody, entourés de guests de choc (Snoop Dogg, David Byrne, Estelle, Damon Albarn, etc.) A Marseille, le trio débarquera avec pas moins de neuf musiciens.

Sinon, on note aussi la présence de House of Pain. Ok, le groupe est principalement auteur d’un seul hit. Mais quel hit… A n’en pas douter, ça remuera sec sur le gigantesque Jump around. A charge pour les Irlandais de prouver qu’ils ont d’autres pépites en rayon.

… Et leurs jeunes « descendants » barrés aussi

On le concède, la filiation entre les noms cités plus haut et Die Antwoord ne saute pas forcément aux yeux.

Mais dans leur improbable cocktail survitaminé (sûrement allongé avec quelques substances prohibées), les Sud-Africains mettent un peu de rap au milieu de nappes électroniques énervées aux accents punk. Autant dire que sur scène, ça devrait envoyer sévère.

Au rayon bizarreries, Vald aura certainement pas mal d’admirateurs dans la salle. On ira évidemment dire bonjour au petit Frenchy adepte du second degré…

Pas question non plus de rater le passage des sensations américaines Machine Gun Kelly, Princess Nokia ou encore de la Britannique Little Simz.

Côté musiques électroniques, il y en aura pour tous les goûts

Ceux qui ont déjà assisté à une performance live de Mr.Oizo le savent : il est difficile d’en sortir indemne. Derrières ses machines, Quentin Dupieux se fait un malin plaisir à l’idée de vous remuer dans tous les sens et de vous allumer avec ses beats déstructurés.

Pas beaucoup plus de clémence à attendre de la part de Birdy Nam Nam. Rien d’étonnant quand on sait que les trois gaillards de BNN (orphelins de DJ Pone depuis 2014) ont baptisé leur dernier opus Dance or die.

Moins sauvages, les frangins Dewaele, réunis sous la bannière Soulwax, devraient également vous ôter quelques forces avec leur dernier projet, From Deewee, qui donne sa pleine mesure en live.

De notre côté, on attend également de voir The Blaze en chair et en os. Les deux cousins français, plutôt secrets, ont récemment signé deux titres marquants, Territory et Virile, accompagnés de clips qui ont attiré l’attention.

Alléchante encore, l’association entre l’hyperactif 20Syl et Mr. J. Medeiros. Le Nantais, cheville ouvrière de Hocus Pocus et C2C, fait équipe avec le MC de Los Angeles sous le nom d’AllttA. Et on a envie d’entendre ça.

Et comme un peu de douceur dans ce monde de brutes n’est jamais de refus, on se laissera envelopper par les rythmes suaves et mélancoliques à la fois de Nicolas Jaar. L’Américano-Chilien se fait assez rare dans l’Hexagone. Autant en profiter…

La programmation complète, jour par jour, salle par salle