C’est ce qu’on appelle franchir un cap. En dévoilant deux titres issus de son prochain EP, baptisé Kikuyu, Ninety’s Story donne encore plus de souffle aux promesses suscitées par ses apparitions en live.

Après avoir écumé sans relâche les scènes de la région, les Niçois Guillaume et Florian ont pris le chemin du studio. Sans David, leur batteur, qui a quitté le projet. Mais avec l’envie de s’inscrire dans la lignée de ces groupes qui ont écrit les lettres de noblesse de la pop sans complexe.

Don’t mind me, comme un coup de semonce

Le résultat ? Don’t mind me, un titre lumineux porté par un refrain aérien. « On voulait partir sur un son qui nous parle, et plus en rapport avec la musique qu’on écoute, tant musicalement que visuellement », a expliqué Florian, le guitariste, au site Efflorescence culturelle.

Kikuyu, un single pour prendre racine

Le titre a fait son apparition sur YouTube en lyrics video le 5 octobre dernier. Deux semaines plus tard, le deuxième étage de la fusée a été mis sur la rampe de lancement. Place à Kikuyu, le morceau qui a donné son nom à l’EP, dont la sortie est prévue pour le 23 novembre.

Kikuyu, quésaco ? Les esprits les plus torturés y verront une version exotique de « Kikoo, you ». Sauf que non, en fait. Et heureusement. Pour tenter de résoudre le mystère, il faut se plonger dans la petite note d’intention qui accompagne la sortie de ce single.

Ça parle de ces deux musiciens, purs produits de la génération X. Ça évoque « un monde ultra-connecté où la frontière entre virtuel et réalité est poreuse, un monde consumériste à la merci des flux financiers où l’humain est mis de côté. Un monde qu’ils ont apprécié étant plus jeunes, des codes avec lesquels ils se sont amusés ».

Ça part loin, mais on a toujours rien sur notre fameux Kikuyu. Patience, ça arrive : « Puis, une graine à germé, laissant se répandre Kikuyu, cette plante tropicale colonisatrice, annonciatrice d’une prise de conscience sociale et environnementale. »

Ce qu’il y a de magique avec la musique, c’est qu’il n’est pas nécessaire de tout comprendre pour apprécier. C’est ce qui s’est produit en lançant la lecture de ce deuxième titre.

Diablement efficace, bien produit, ce Kikuyu-là est l’une de ces pistes qu’on aime balancer dans sa caisse en filant sur le bitume, la tête dodelinante. L’effet d’une petite perle pop qui se transforme en bulle d’oxygène.

Pour ne rien gâcher, la chanson est accompagnée d’un clip soigné, fruit d’une collaboration à trois têtes entre Muzrs (direction artistique), Cloé Bourguignon (illustrations) et Greg Banas (animation). Bien plus élégant qu’une énième vidéo où l’on verrait un duo rouler les cheveux au vent.

Maintenant, on attend la prochaine occasion de partir en virée l’esprit léger.