Depuis 2007, Break the floor, l’événement monté par Karim Jabari alias Jasim Youkan, à la fois Monsieur loyal et homme-orchestre, n’a cessé de prendre de l’ampleur. Son premier point de chute, c’était le Théâtre de la Licorne, à La Bocca.

A partir de 2011, la compétition de breakdance a pris ses quartiers sur La Croisette. Sans pour autant s’embourgeoiser ni renier ses valeurs. Peace, unity, love and having fun.

Dans la salle, des minots mignons avec leurs casquettes trop grandes, des vieux de la vieille et des gens qui, si l’on se fiait uniquement aux apparences, on n’imaginerait pas balancer du hip-hop dans leurs oreilles.

Une belle mosaïque qui remplissait presque entièrement les 2 280 places de l’Auditorium Louis-Lumière.

Break the floor Cannes

Un mot d’ordre : « B-Boys, Break the floor ! »

On ne va pas se mentir, comme une grande partie de l’assistance, nos connaissances en matière de coupoles, de freezes ou de backspins ne pesaient pas lourd. Mais, ça ne nous a pas empêchés de ressortir en ayant pris une grosse baffe. Pendant presque quatre heures (entrecoupées de démos, de sketches et de vidéos).

Pour ne pas être trop la ramasse, on a noté les résultats de toutes les battes, sept au total (quarts, demis et finale). A chaque fois, le même cérémonial. Un petit topo sur les états de service des forces en présence et un mot d’ordre scandé par Jasim et aussitôt repris par la foule : « B-Boys, Break-the-Floor ! »

Sur la scène, des crews de quatre personnes, d’horizons et de niveaux différents. Deux points communs : leur envie de briller et de se faire plaisir.

Pêle-mêle, on croisait les Niçois d’Objectif Lune, Meltin Force, les champions de France. Mais aussi le Jinjo crew, une escouade de Coréens bardée de récompenses, une sélection du Sud-Est, une dream team d’Amérique latine ou encore deux équipes de Hollandais volants (The Ruggeds et les Hustler Kidz).

Mention spéciale aux All School, la bande de gamins âgés de 9 à 13 ans qui a surpris pas mal de monde avec des capacités déjà impressionnantes.

La tension monte, le niveau s’envole

Sur les sons de DJ Vientiane, l’Internationale du breakdance suait à grosses gouttes dans des sweats, des maillots de foot voire dans le survet’ aux couleurs du drapeau vénézuélien cher à Hugo Chavez.

Des gueules, des looks, des attitudes qui faisaient tout le sel de ces battles où le chambrage était vivement conseillé.

Plus on montait dans les tours, plus les mouvements proposés par les B-Boys envoyaient du lourd. Les profanes pouvaient les apprécier au ralenti grâce à une caméra slow motion.

Break the floor Cannes

Jasim sautait sur l’occasion pour inciter le public à faire un don sur Ulule pour financer la location du joujou. « Sinon, je vais être mal, les gars. »

Venus spécialement de Coréens, les membres du Jinjo Crew allaient, eux, repartir avec les poches un peu lourdes.

En finale, leur précision et leur synchronisation ont fait mouche contre les Hustle Kidz, (en demies, il avaient déjà réalisé un tour de passe-passe improbable avec leurs blousons en satin). Jackpot pour eux, avec un chèque de 3 000 euros à coffrer.

A l’annonce de leur victoire, les spectateurs VIP regroupés autour de la piste ont foncé sur eux pour une belle photo de famille. Peace, unity, love and having fun. Le contrat a été respecté.