Sur le chemin du retour, un sourire béat (voire beta) scotché à la face, on s’est dit que cette fois, l’été avait réellement commencé. Quelques heures auparavant, on s’était faufilé dans un théâtre de Verdure balayé par les derniers rayons de soleil d’une journée caniculaire. Les Niçois Aïmen et  Boyjevksi avaient préparé le terrain pour les stars du soir, James Murphy et Moderat.

James Murphy, la machine à groover

Sans artifice, l’ancien membre de feu LCD Soundsystem déroulait un set impeccable, gorgé de trouvailles pop et de rythmiques funky. Avec sa mine d’ourson mal embouché, James Murphy a ramené le public à une époque où les coupes afros étaient monnaie courante. Doté d’un sens du groove imparable, le boss du label DFA (The Rapture, Hercules and the love affair, Yacht etc.) n’a jamais cédé à la facilité. Le public lui a bien rendu en se trémoussant tout au long de son élégante prestation.

A ce moment-là, on savait que la soirée allait se dérouler à la perfection. Le temps de faire un saut par la buvette pour se réapprovisionner en bière (être victime de déshydratation ? Jamais) et les trois hommes de Moderat étaient dans la place. Moderat, soit la fusion hautement réussie entre le duo berlinois Modeselektor et leur voisin Sascha Ring, plus connu sous le nom d’Apparat.

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Moderat, des platines à la tête

Tout de noir vêtus, le teint plutôt blafard, les Allemands démarraient un passage sur scène qui allait durer près d’une heure et demie. Du début à la fin, ils ont su aller chercher le public, connectant directement leurs platines sur le cerveau des festivaliers qui leur faisaient face. Tout sauf un hasard si la musique de ces gaillards est parfois étiquetée « intelligent dance music » (IDM).

Une qualification néanmoins un brin pompeuse, quand la musique de Moderat se veut instinctive, organique. Du genre de celles qu’on utiliserait en guise de B.O. d’une vie. Même s’il est vrai que devant ce trio, on n’agite pas seulement la tête comme un poulet électrifié. On essaye parfois de trouver une signification aux images qui s’affichent derrière lui, avant de s’engouffrer à nouveau dans ce tunnel de son, comme si plus rien n’existait autour.

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« Therapy », « Let in the light » ou encore « Bad Kingdom ». Les plus beaux bijoux de l’album « II », sorti l’an dernier, étaient savourés par la foule. Captivée, elle en oubliait même de brandir son portable pour conserver une vidéo tremblotante dans la poche (on ne blâme personne, hein). De notre côté, on classera ce concert de Moderat parmi les très bons souvenirs de Crossover…