A peine descendus de la scène des Nuits Carrées, les quatre gars du groupe Alpes ont répondu à nos questions. L’occasion de faire plus ample connaissance avec Quentin, Charles, Paul et Antoine et de comprendre ce qui fait l’essence de ce groupe niçois en pleine ascension.

Racontez-nous l’histoire du groupe…

On est des potes de lycée, on a monté un groupe en 2009 qui s’appelait Little D Big B. On avait déjà des consonances Brit pop, mais c’était plus brut. On a fait pas mal de tremplins dans la région et en 2013, on  a signé avec le label Deaf rock records. À partir de là, on a changé de nom pour s’appeler Alpes, on a sorti un premier EP, Dream Ocean.

Et notre premier album, Between moon and sun est dans les bacs depuis le 17 juin.

Pourquoi s’appeler Alpes ?

Quand on a enregistré notre premier EP, on a voulu marquer la rupture avec ce que l’on faisait avant. Et puis Little D Big B, c’était imprononçable. On a trouvé qu’Alpes, c’était plus facile d’accès et que ça nous correspondait plus. Et puis on a tous grandi à Nice et ça permettait de faire un petit clin d’œil sympa à notre région.

 

« On essaie d’être le plus libre possible dans notre musique »

 

Certains disent que votre musique s’inscrit dans les pas de MGMT, des Scissor Sisters ou des Arctic Monkeys. Quelles sont vos réelles influences ?

Avec les Hives, les Arctic Monkeys nous ont clairement influencés au début. On nous disait d’ailleurs : « Vous faites du Arctic Monkeys ». Quand tu débutes, c’est hyper flatteur. Avec le changement de nom et l’évolution musicale que l’on a apportée, ça y ressemble encore un peu. On ne peut pas s’en détacher complètement, surtout en live avec notre énergie rock. Mais on a trouvé notre propre couleur.

Dans le groupe on a tous des influences différentes. Aujourd’hui, on écoute Temples ou Grizzlie Bear. Certains écoutent aussi beaucoup d’électro et de jazz.

On s’amuse aussi avec les guitares, la basse et la batterie pour se rapprocher d’un son électro, en excluant totalement les samples ou le numérique, un peu comme Tame Impala. 

Si on devait décrire votre musique…

On tend vers quelque chose de décomplexé. On essaie d’être le plus libre possible dans notre musique. C’est pour ça que l’on est un peu fermé avec le fait de jouer avec un métronome ou avec des samples. On veut garder la main sur ce qu’on fait.

 

« La scène, c’est kiffant. On se met un peu dans un état de transe »

 

La scène, c’est le plus grand espace de liberté pour un artiste. Comme beaucoup d’artistes, c’est ce que vous préférez ?

Toutes les étapes sont intéressantes. On s’est enfermés deux semaines en Bretagne pour composer l’album. On était entre nous, en totale autarcie. Après, on est allés en studios à Strasbourg et Miramas. Un autre travail. L’élaboration du disque, on y tient beaucoup. Tous les détails qui font notre spécificité, c’est à ce moment qu’on les peaufine.

La scène c’est kiffant. On se met un peu dans un état de transe. C’est un super défouloir. On envoie tout se qu’on a cogité et muri entre nous. C’est vraiment là où on s’exprime le plus librement. On est tous les quatre sur scène et ce sont nos moments. 

Sur votre titre Lune et l’autre, vous mixez le français et l’anglais. Qu’est-ce que cela apporte à votre musique ?

C’est une démarche volontaire et artistique avant tout. Les deux langues ne sonnent pas de la même façon, l’écriture et l’approche sont différentes. L’anglais, ce n’est pas notre langue maternelle. C’est un besoin d’aller vers le français avec une approche plutôt anglaise de la langue française. C’est-à-dire jouer sur la mélodie, la rythmique des mots et de pouvoir s’exprimer dans la langue que l’on maitrise. Ça rejoint aussi notre démarche d’être décomplexé, d’assumer ce mélange. Aujourd’hui, chacun a un peu des références francophones qui ressortent comme Brassens, Daho ou Arno. C’est une sorte de nostalgie qui nous sert.