Entre Nice, Cannes, Monaco et Paris, Pierre Turtaut a su se faire une place dans le milieu de la mode avec des clichés inspirés, de grande qualité.

L’homme, qui a également fait des études d’ingénieur du son, possède plusieurs cordes à son arc. Quand il n’a pas de sublimes modèles dans son viseur, il se laisse volontiers aller à la gourmandise avec Le Studio Cuisine (page Facebook, compte Instagram).

Avec un sens du détail poussé, il rend encore plus désirables les profiteroles du Boccaccio, la tarte aux figues de Déli Bo ou encore les gambas flambées du Gioia.

Il n’en fallait pas plus pour qu’on se décide à mettre Pierre Turtaut sur le grill.


Comment êtes-vous venu à la photo et depuis combien de temps en avez-vous fait votre métier ?

Cela fait maintenant 8 ans que j’en ai fait mon métier à temps plein. La photo a d’abord été un passe-temps qui s’est rapidement transformé en passion. C’est vraiment mon besoin de créer qui m’a poussé à me lancer.

Qu’est-ce qui vous influence particulièrement ?

Cela peut être très vaste… Je passes des heures sur Pinterest à faire des moodboards en tous genres. Je puise aussi des idées dans le cinéma et dans plein de petites choses de la vie quotidienne.

Que représente la facette « culinaire » dans votre travail ? Y consacrez-vous beaucoup de temps ?

Je me suis rapidement concentré sur la mode en commençant. Et lorsque je me suis essayé à la photo culinaire, je ne pensais pas que ça prendrait une telle ampleur. La demande est là est le travail est intéressant.

Quelles spécificités retrouve-t-on dans cet exercice ?

Le maitre mot, c’est la minutie. Techniquement il n’y a pas vraiment de spécificité. Le stylisme photo et les idées priment selon moi.

On imagine que le travail de la lumière et la composition sont essentiels pour réaliser un bon cliché « gastro »…

Oui, c’est primordial. Un plat se doit de flatter l’œil avant les papilles. Donc entre lumière, décor et cadrage, il faut trouver la bonne équation.

Lors d’un shooting de ce type, à quoi doit-on veiller pour ne pas tout faire tomber à l’eau ?

Il faut essayer de shooter les plats dès leur sortie de cuisine et faire ça en flux tendu. Sinon, on se retrouve avec des sauces ou des jus qui se figent. Là, c’est comme quand du froid fond, c’est fini !

A titre personnel, êtes-vous un foodie, toujours en quête de la dernière bonne adresse ?

Je suis gourmand, aucun doute là-dessus. Et j’apprécie une cuisine bonne et belle… Donc oui, foodie.

Pour vous, faire une photo au smartphone de son plat ou de son cocktail pour le partager sur les réseaux sociaux, c’est…

C’est vital pour certaines personnes il faut croire 😉 Quand c’est vraiment pour partager une bonne adresse avec ses contacts, je n’y vois aucun mal.

De plus en plus de chefs renommés souhaitent interdire à leurs clients de prendre des photos de leurs créations. Par peur de les voir dénaturées ou enlaidies notamment…

Oui, il faut comprendre leur point de vue. L’assiette qu’ils vous servent est le résultat de tout leur savoir-faire. Normal qu’ils souhaitent le protéger.

A une époque où tout le monde veut s’improviser photographe, comment parvenez-vous à convaincre les restaurants et autres établissements de l’intérêt d’investir dans des prises de vues professionnelles ?

D’une seule manière : avec des images de qualité.

Cette façon de mettre en avant les plats et autres créations d’une enseigne est-elle devenue incontournable dans une stratégie commerciale ?

Je pense. Dans l’ère « instagramable » où l’on vit, où tout le monde est un influenceur doublé d’un photographe. C’est devenu indispensable pour toute entreprise d’entretenir des réseaux sociaux et de communiquer avec des médias soignés.

Photos Pierre Turtaut/Le Studio Cuisine