[youtube http://www.youtube.com/watch?v=rAhg-F6aFFw?wmode=transparent&autohide=1&egm=0&hd=1&iv_load_policy=3&modestbranding=1&rel=0&showinfo=0&showsearch=0&w=500&h=375]

Mieux vaut tard que jamais, direz-vous : le 2 juin, une éternité à l’ère 3 ou 4.0 donc, les gars du Wu Tang ont démarré leur tournée européenne à Nice, au théâtre de Verdure. Pour ce “Rebirth tour”, il y avait évidemment du monde dans la salle d’attente. Un Théâtre de Verdure (TDV pour les amateurs d’abréviations) plein comme un œuf attendait le collectif mythique. Des vieux de la vieille, des mecs en panoplie hip-hop comme dans les clips US, des minots qui enquillaient des cassettes d’Henri Dès dans leur baladeur Lansay quand le Wu balançait ses premiers beats d’acier…

Pour une fois qu’un public ne ressemble pas à un aéropage de caricatures venu faire le plein de vidéos trop kikoo-lol pour faire baver les copains et beugler sur le seul titre qui leur dit vaguement quelque chose, on ne va pas bouder notre plaisir. Pas question de se la jouer puriste old school de mon côté non plus, l’imposture serait vite éventée.

Au TDV, ce sont des purs produits du 06 qui devaient assurer la première partie de… la première partie du crew de légende. Pour Gak et sa clique Denbas fondation, c’est forcément un gros challenge. Un peu comme aller jongler au Camp Nou avant l’arrivée du Barça. Juste énorme. Les Azuréens font le taf devant une foule qui a un peu du mal à faire le grand écart, mais qui les laisse performer sans pourrir l’ambiance. Pari relévé, donc.

Le Parisien DJ Fab a une tâche sans doute encore plus difficile : faire patienter son monde juste avant l’entrée des mastodontes en scène. Le garçon n’est pas le premier venu, il grouillait déjà derrière les platines avec Dee Nasty et a notamment frayé avec La Caution et TTC (quoi, bouhh ?). Alors, le DJ s’est amusé, piochant dans sa réserve de collectors millésimés. Qu’on le trouve percutant ou pas, son set s’étirait. L’ambianceur de la capitale jetait des yeux inquiets en coulisse, semblant se demander : “Mais ils sont où, bordel ?”

C’est qu’il était presque 23 heures et que, même si le cœur y était, certains n’ont plus la même pèche après trois heures plantés dans leurs Air Jordan. On pouvait craindre le pire, la crise mégalo ou la défection d’un mec trop porté sur le goulot. On imaginait revivre la même solitude que ces spectateurs du Parc des Princes qui avaient eu droit aux fantômes du Wu, après une première partie dantesque du Supreme NTM. “C’était en 1997, pour le festival Rock à Paris. On jouait quatre morceaux juste avant eux. On leur a mis la pâtée ! Après, l’organisateur nous a dit qu’on aurait mérité leur énorme cachet, vu le feu qu’on avait foutu », lâchait Joey Starr en puisant dans ses archives perso. Alors ?
Alors, on pourra remballer nos plumes d’oiseau de mauvaise augure.

Pas décimé (Method Man, GZA, Inspectah deck, Ghostface Killah, Masta Killah, U-God et DJ Mathematics étaient sur le pont), pas cramé, le Wu Tang bastonnait. Encore et toujours. Un hommage à ODB par-ci, un freestyle de Method Man par-là, du gros son partout. Le tour est dans le sac et le mieux est encore d’avoir la preuve…par les oreilles.