C’est ce qu’on appelle un marathon. Lancée le 30 octobre, la première édition de Make Some Noise s’est achevée hier à la MJC Picaud, à Cannes.

Musique, cinéma, spectacles destinés à la jeunesse, retrogaming : il y en a eu pour tous les goûts. Et comme les Cannois sont accueillants, ils ont même offert une carte blanche aux voisins niçois du festival Easter In The Sun, jeudi dernier.

De notre côté, on n’était pas préparé pour un programme aussi gargantuesque. Du coup, l’air de rien, on s’est pointé sur la ligne d’arrivée. Pas une mauvaise idée, puisque Ghost of Christmas, French 79, College (appelé pour remplacer Acid Arab) et Coma étaient à l’affiche.

Peut-être à cause de la météo un peu maussade qui incite à rester au chaud, peut-être à cause des sous à épargner pour pouvoir faire un cadeau à mamie pour Noël, au démarrage, il n’y avait pas foule du côté de la MJC.

La bonne surprise Ghost of Christmas

Dommage pour les retardataires et les absents, qui ont manqué le passage réussi de Ghost of Christmas. Couvés par Laurent Garnier, qui les a invités sur son label Sound Like Yeah !, Martin Mey et Gaël Blondeau font le job efficacement, même en petit comité.

Leur « bass music organique et sensuelle » — c’est comme ça que leur travail est qualifié dans leur bio — se répand entre les murs. Certains dansent déjà, d’autres se laissent flotter tranquillement.

De temps à autre, Martin prend le micro pour taper la discut’ avec le public. En écho, il reçoit la question d’une demoiselle : « Tu fais un mètre combien ? » On n’aura pas la réponse, mais le garçon est grand, c’est une certitude.

French 79 rapproche les corps

Après cette belle entrée en matière en comité réduit, les rangs grossissaient un peu. Le terrain était bien préparé pour Simon Henner, alias French 79. Lui n’allait pas s’embarquer dans de longs discours.

Calé derrière ses machines, celui qui multiplie les projets (Nasser et Husbands, par le passé) semblait décidé à capter l’attention d’entrée. Il demandait à tout le monde de se rapprocher pour créer un peu d’électricité.

Alors que son electro pop est en général considérée comme suave, French 79 n’hésitait pas à muscler un peu son jeu pour éviter la somnolence. Tête, épaules, hanches : sans s’en rendre compte, la foule dodelinait en cadence. Well done.

College emballe le rythme

Il n’est parfois pas nécessaire de se retrouver dans une salle archi bondée pour ressentir une énergie particulière. David Grellier, l’homme qui se cache derrière le pseudo College, l’a bien compris.

Celui qui a notamment signé A real hero, intégré à la bande originale du Drive de Nicolas Winding Refn, déroule ses productions aux sonorités 80’s. La sauce prend et cela nous « oblige » à faire un nouveau crochet par la buvette, histoire de faire une pause fraîcheur avec une Bière de la Rade (made in Toulon, donc).

Les plus en forme pousseront jusqu’à très tard avec le dénommé Comah et sa « techno progressive à tendance minimal ». Pour notre part, on avait déjà rendu les armes. Mais promis, pour le prochain marathon, on fera en sorte de travailler l’endurance…