Ceux qui, par hasard ou par le biais de connaissances, ont eu l’occasion de participer à une soirée de L’Arbre à casseroles, ont forcément envie d’y goûter à nouveau.

A La Séguinière, une bâtisse de campagne située à La Gaude et habituellement dédiée au jazz, il est possible, à intervalles plus ou moins réguliers, de profiter d’une belle parenthèse enchantée.

De la bonne musique, de la bonne bouffe, des potes : en quelque sorte, la Sainte-Trinité synonyme de moment déconnecté, hors du temps et des conventions.

Plutôt que de soliloquer sur le sujet, on a préféré poser quelques questions à Nicolas Sabarros, le président de l’association L’arbre à casseroles.

Sans doute la meilleure solution afin de savoir ce que lui et son équipe mijotent pour la prochaine soirée, prévue le samedi 14 octobre. Entretien à feu doux.


Comment est né L’arbre à casseroles. Et avec quelles envies ?

Je crois bien que c’est Eric Seguin, le proprio de la Segunière, qui nous a invités autours du bar pour en discuter… C’est un personnage mythique et pour moi, c’est comme mon tonton. On s’est donné rendez-vous avec des amis qui connaissent bien ce lieu, pour y avoir travaillé en cuisine ou au service. Certains on littéralement grandi là-bas !

Du coup, cela s’est fait naturellement…

Voilà, il était temps pour nous d’organiser nos propres soirées et de faire découvrir cet endroit à notre génération. On avait une une envie simple : se faire plaisir autour de la musique de l’art et de la gastronomie. Maintenant, on est plus de 15 bénévoles super motivés pour faire tourner nos soirées.

« On vient un peu comme si on allait à une grosse soirée chez un pote »

Si tu devais résumer les soirées de L’Arbre à casseroles en quelques mots, ça donnerait quoi ?

On rigole bien et on passe une soirée hors du temps… On vient un peu comme si on allait à une grosse soirée chez un pote. Bon, maintenant que le mot est passé, c’est un peu plus de pression pour nous. Mais on restera des amateurs de fiesta avant tout !

La soirée commence tranquillement autours d’un apéro pour fêter l’accrochage de l’expo éphémère, on réserve 45 couverts pour ceux qui veulent dîner et découvrir la cuisine d’un chef invité pour l’occasion. Et après, place au live.

« On peut passer de la bossa nova, au punk, pour finir avec un DJ hip-hop dans la même soirée »

Le live chez vous, ça prend quelle forme ?

Pour la prog’, on est très exigeant et éclectique, on peut passer de la bossa nova, au punk, pour finir avec un DJ hip-hop dans la même soirée. Ce qui est agréable, c’est de profiter du lieu, de se laisser surprendre par le spectacle, de prendre l’air dans les jardins et de se lâcher, quel que soit son âge ou son style.

Après quelques mois d’interruption, vous reprenez du service. A quoi doit-on s’attendre pour la soirée du 14 octobre ?

La dernière c’était effectivement il y a six mois. Normalement, on essaie d’en organiser une tous les trois mois. On à tous nos activités, nos enfants… Du coup, on ne peut pas en faire plus. Mais l’avantage, c’est qu’on est à fond et tout excités quand on prépare une soirée. Comme souvent, il a fallu un petit miracle pour boucler la prog’.

Samedi 14 octobre, on recevra le super cool chef Xavier, qui fêtera son anniversaire en cuisine, on fera une expo rétrospective sur les 5 ans de l’Arbre à Casseroles avec notre photographe exclusif et vice-président, Romain Ferrero. Après, ça va partir dans tous les sens ! On va écouter Monsieur Florent, du hip-hop bien taillé avec un live band. Ensuite on a invité Les Béberts, qui reviennent d’une virée en Californie. C’est du blues garage bien décomplexé. Et pour finir de manière complètement décalée, on reçoit le très classe DJ Rico, qui vous fera découvrir l’afro house et les rythmes futuristes du Cap Vert ! Si vous souhaitez venir, prenez votre prévente car c’est souvent sold out quelques jours avant la soirée. Pour nous, ce n’est jamais agréable de refouler des gens qui auront pris la route pour rien.

Pourquoi avoir choisi La Séguinière comme « maison » ?

Ce vieux mas est à la base une maison familiale. Il a été transformé en restaurant-jazz club il y a 35 ans. Mon père, pianiste et collectionneur de jazz, m’y a amené alors que je ne savais pas encore marcher… On est un peu les enfants de La Seguinière, on est très attachés à ce lieu et à la famille Seguin. Il y a une âme, un truc indescriptible. C’est un peu planqué dans la nature, on ressent une certaine liberté une fois qu’on y a mis les pieds.

« La Séguinière est à l’écart, mais finalement très bien placée »

Pas trop compliqué de faire rappliquer du monde à La Gaude ?

C’est à l’écart mais finalement très bien placé, puisqu’on attire un public large qui vient de Cannes à Nice et de tout l’arrière-pays. Pour marquer cet enracinement, on a décider de nommer notre asso comme le cèdre majestueux autours duquel la cuisine s’est installé et ou sont accrochées les plus belles casseroles.

En l’espace de cinq ans, de nombreux groupes, artistes et chefs ont défilé dans vos événements. Quels sont tes meilleurs souvenirs ?

Il se passe tellement de choses dans une soirée… La prochaine sera notre 21e édition. Ça fait beaucoup de bons souvenirs ! Je me rappelle de nos 2 ans, on les a bien célébrés avec l’équipe. On est tous descendus sur scène en tapant sur des casseroles, une sorte de batucada fusion avec le public.

D’autres moments marquants en tête ?

Comme on édite notre propre petit mag avant chaque soirée, tout est archivé sur notre site, ça me permet de retrouver la mémoire… Après, chaque « casserole » a des goûts différents. Pour ma part, j’ai adoré le show de Silq and the 45th experience. Les 2 MC venus de Reading étaient déchainés, une nana avait même emballé l’un des deux sur scène ! Il y a eu aussi un set mémorable du DJ Gaudois, internationalement connu, Hervé Carvallo d’Acid Arab. Ou encore le rock déstructuré des Antibois de June Emergency, les jeunes fougueux d’HVN, les toiles dérangeantes de Thomas Bibeyran, le menu sénégalais de Khaddy, la lotte de Rémy… La liste pourrait continuer longtemps, j’en place une dernière pour mes deux anciens compères du Straight up Sound, Bus’high et DJ Weedim, qui avaient retournés le dancefloor.

« Il y a vraiment la place pour plus de petits évènements indépendants de ce type »

L’Arbre à casseroles est assez atypique, surtout dans le contexte azuréen. Y a-t-il d’autres organisations/festivals/collectifs dont vous vous sentez tout de même proches ?

Je pense qu’il y a vraiment la place pour plus de petits évènements indépendants de ce type, qui s’adressent avant tout aux locaux. Sur la Côte, il faut être à l’affut ! On adore les Nuits Carrés. Sébastien Hamard, avec qui on a collaboré plusieurs fois, nous a même donné quelques conseils pour être plus… carré ! Je connais aussi Ben Geli, de Panda 06, depuis la fac. Avec son équipe, ils ont fait un travail monumental pour faire bouger cette Côte. Et je pense aussi au Volume. J’espère qu’ils vont trouver un local sinon c’est toute la scène locale qui va péter un plomb. Sinon, il y a aussi le festival Easter in the Sun, la promesse de belles découvertes. Après dans le contexte azuréen, je me sens aussi bien proches des organisateurs d’apéros sur la plage !

 

Photos Romain Ferrero