Ça fait déjà un bon moment que la programmation complète du Festival Crossover (à Nice, au 109 et au C’Factory, entre le 8 et le 11 juin) est tombée.

Depuis, certains d’entre vous n’ont pas manqué de piocher dans la liste les noms susceptibles de convaincre le reste de la bande de faire le déplacement. Pas vraiment difficile comme mission, tant le choix est large.

De notre côté, on a aussi décidé de faire notre petit marché. C’est totalement subjectif, on va sans doute en faire hurler quelques-uns en oubliant un artiste inratable. Mais on est comme ça, on aime vivre dangereusement…

Les têtes d’affiche sont volontairement laissées de côté (on doit vraiment vous expliquer pourquoi il faut se pointer devant Etienne de Crécy ou Gramatik ?) pour faire un peu de place à ceux qui seront plus que des seconds rôles.

Ps : on n’est pas des feignasses, mais on fera ça en deux temps, histoire de ne pas trop vous encombrer l’esprit.

8 juin : les rythmes doux-amers de Paradis, les samples bien sentis de Romare

Le jeudi, Crossover commencera en douceur. Il faut attendre le lendemain pour mettre les pieds dans la grande halle des anciens abattoirs. L’action se passera du côté de la cour intérieure et de l’entrepont.

Pour cette ouverture, on ira volontiers écouter Paradis. Depuis un bon moment, on suit le duo formé par Simon Mény et Pierre Rousseau. A la fois inspirés par la chanson française des eighties et la house music, les deux garçons ont su trouver leur son.

Une sorte de ritournelle qui fait danser, mais toujours avec un peu de vague à l’âme. Le côté un peu précieux peut irriter. Mais c’est tout sauf du toc.

Sinon, il faut toujours guetter de près un mec signé chez Ninja Tune. C’est le cas d’Archie Fairhurst aka Romare. A l’heure où on débite de la deep house tendance tropicale à tour de bras, le British est plutôt hors format.

Sampleur affûté, adepte des rythmes africains comme des ballades irlandaises, du disco comme du son psyché, il s’est signalé une première fois en 2012 avec l’entêtant Down the line (It takes a number).

L’an passé, il a largement confirmé les promesses placées en lui avec l’album Love songs part two. Et comme Romare aime faire les choses bien, il débarquera en mode full live band à Nice. Royal.

  • Sur scène également : Midland, Voxorama, Scopitone 97′ by Heliotrope

9 juin : le style de Jay Prince, le sale de Lorenzo et la pop naïve de Cléa Vincent

Vendredi soir, un copieux festin attendra les festivaliers, avec pas moins de quatre scènes et dix-huit artistes. Au 109, on retrouvera tout l’esprit de Crossover : de la musique électronique sous toutes les formes, du hip-hop tout aussi polymorphe et quelques notes françaises.

Devant un tel menu, difficile de trier. Il faudra donc naviguer dans les dédales du site pour en manquer le moins possible. Bien sûr, on guettera l’arrivée du pilier de la French Touch Etienne de Crécy et on profitera de la bonne dose de good vibes délivrée par Bon Entendeur et Polo & Pan.

Nous, on met sans souci une pièce sur Jay Prince (photo principale). Son flow plein de souplesse traîne régulièrement dans nos playlists. Celui que le site The Backpackerz compare à d’autres espoirs très recommandables comme Mick Jenkins ou Isaiah Rashad.

Seulement âgé de 23 ans, le Londonien connaît les racines du hip-hop et sait s’en inspirer, sans virer dans le trip nostalgique. Reste à voir ce que ça donne en live. On a hâte.

On va rester dans le hip-hop, mais en prenant un virage radicalement différent. On a tous des plaisirs coupables, inutile de le nier. Du coup, pas de souci pour balancer du Lorenzo à bloc dans ta Clio phase II.

Look improbable, punchlines imparables, celui qui s’autoproclame « empereur du sale » arrache tout sur le web. Comme Gradur, il est l’homme au bob. Sauf que sur le sien, il y a un logo Game Boy Color et Pikachu.

C’est gras comme un tacos trois viande sauce fromagère, mais on plongera sans gêne.

Et pour terminer, on va jeter notre dévolu sur Cléa Vincent. Un choix « clivant », comme on dit à la télé.

Clairement, la demoiselle coche beaucoup de cases qui pourraient rebuter. Elle fait de la pop naïve, elle bouge parfois comme Christine and The Queens et elle présente des clips à l’esthétique VHS.

Pour certains, comme Gonzaï, c’est déjà beaucoup trop. « Passez votre avant-bras dans un hachoir en écoutant Banana Split de Lio et vous aurez une idée assez précise du plaisir qu’on peut éprouver à écouter Retiens mon désir de Cléa Vincent »,  lâche le webzine, en mode tacle les deux pieds décollés.

A vous de vous faire un avis. De notre côté, on a décidé de laisser parler notre côté un peu fragile. En cachette, on dodelinera nonchalamment sur les mélodies de Cléa.

  • Sur scène également: Etienne de Crécy, Adana Twins, Polo & Pan, Bon Entendeur, The Geek x VRV, Buvette, Gordon, Nuwave, Humantronic, 9th Cloud, G-Tellaxxxx, Gabardines, Ebenezer, DJ JP, Manu.