On nous a dit “Hannah”. Et notre cerveau s’est enclenché en mode “homme des cavernes”. Tout de suite, des images d’une demoiselle scandinave se dandinant dans un mini-short ont perturbé notre réflexion. “Non, Hannah n’est pas une jeune Suédoise fraîchement débarquée sur la Côte d’Azur”. En une ligne, une seule, la bio du groupe a mis fin à la scène.

Tant pis. Hannah, comme on ne l’imaginait pas, c’est le nom de scène de deux Azuréens, Emmanuel A. et Laurent T. Programmés aux Nuits carrées , ils nous ont fait oublier (pour un petit moment) les sculpturales scandinaves. Passer sur scène quand la nuit n’est pas encore tombée, que tout le monde prend ses repères du côté de la buvette et passe des coups de téléphone pour savoir où en sont les potes, ce n’est pas de la tarte. Souvent même, le soufflé retombe. Et pour le jeune groupe (car c’est souvent lui qui a la charge de déblayer le terrain), cela peut vite tourner à la soupe à la grimace. Vendredi soir à Antibes, Emmanuel A. et Laurent T. s’en sont pourtant très bien sortis aux Nuits carrées.

Face à un amphitéâtre pas encore totalement garni et étonnament réceptif, les deux régionaux de l’étape (également à l’affiche du festival Crazy week avec The Do et Cocorosie, le 18 juillet) ont assuré. Pour tous ceux qui guettent les nouveaux talents de la scène locale, c’était tout sauf une suprise. Souvent salué dans les tremplins (notamment Zik Zak, avec les excellents Hyphen Hyphen et Quadricolor), dans les petits papiers des Inrocks, le duo Hannah s’est déjà fait un petit nom. Son registre ? “Nervous folk”, dit la page Myspace de nos amis. Lors d’un set exécuté avec sérieux et énergie, l’étiquette originale a pris du sens. Complices, Emmanuel A. (guitare, chant) et Laurent T. (batterie, chant) font dans le genre efficace. Ils se sont rencontrés il y a deux ans et quelques mois plus tard, ils donnaient naissance à un premier EP (Ben’s boy hero & prehistory). Avec cette carte de visite en bandoulière, les deux gaillards ont pris la route, loin de cette Côte d’Azur qu’Emmanuel A. dépeint en “Californie made in France”. Sur sa pochette, le duo pose d’ailleurs à contre-jour devant un coucher de soleil orange-rosé. Et si on avait trouvé la bande-son de nos virées cheveux au vent ?

Article précédemment publié sur hyperlocalnews.fr