Un événement culturel, pertinent sans être élitiste. Du breakdance, de la sape, des bonnes gueules. Quelques bières pour accompagner la socca. Il y a des soirs comme ça où tout va pour le mieux. Jeudi dernier, c’était le coup d’envoi de l’opération « Oh my art » et ça se passait du côté d’Impact shop, rue Lépante à Nice.

« Oh my art », c’est une idée née dans l’esprit de Nicolas Donati, le président de l’association des commerçants Nice Grand Centre (lire ci-dessous). D’habitude, le président des commerçants, c’est un bonhomme pas forcément très funky qui râle contre la concurrence des grandes surfaces, contre l’inertie de la mairie ou l’absence de touristes. Celui-ci est d’un autre genre, avec sa carrure de joueur de foot US et ses tatouages.

Pendant trois jours, une vingtaine de magasins de la rue Notre-Dame ont accepté de faire un peu de place dans leurs vitrines pour exposer des œuvres réalisées par des street artists renommés (Crash, ARDPG, Kouka, Mr One Teas, Pimax, Katre, Moustache Bleu ou encore François Nasica).

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Jeudi soir donc, une faune bigarrée s’est agglutinée aux abords d’Impact shop, un repaire bien connu des accros de sneakers et de fringues branchées. A 19 heures, Mr One Teas et Faben s’activaient déjà le long d’une bâche, armés de leurs bombes et concentrés malgré la foule qui occupait l’espace.

Mr One Teas - Impact shop

Tennis customisées, hip-hop et tatouages logotés

A l’intérieur de la boutique, autant de monde. Ça s’agitait autour des deux DJ’s, Aïm’N et ZMBTRTH, et de leur bon son hip-hop. Ça claquait des bises à droite, à gauche. Imperturbables, plusieurs artistes laissaient parler leur créativité sur des shoes d’un blanc immaculé. L’événement étant sponsorisé par Adidas, un bon stock de Superstar avait été mis à leur disposition, ainsi que des Reebok Classic.

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Une véritable aubaine pour Benjamin Giuge, (Black Heart Tattoo), Jen Miller ou encore Cyril Perriolat (Kaouna Studio). Pour les plus fous et les plus fervents de la marque aux trois bandes, il était possible de se faire tatouer des sigles Adidas sur la peau (pour de vrai, hein).

En échange de cet espace publicitaire vivant, la personne en question repartait avec une paire de pompes toute neuves. D’après les échos, trois invités ont franchi le pas. Ils étaient apparemment sobres.

Nous l’étions presque tout autant, mais il était temps d’aller prendre un peu l’air. Tandis que Mr One Teas et son acolyte Vincent Desforges s’activaient pour réaliser un dessin hommage à Run DMC sur la place Toselli, on bifurquait vers la battle de breakdance qui démarrait.

A ma gauche, le Kamikaz Flex Crew. A ma droite, l’Original France Crew. A moins que ce ne fut l’inverse. Pas de répit, pas de trêve. Les jeunes gars (et une fille, quand même) enchaînaient les pas élastiques et aériens sous les vivats de la foule.

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Un petit bonhomme, qui aurait normalement dû être occupé à réviser sa table de 9, faisait sensation. La tête à l’envers, la sienne et celle du Batman qui s’affiche sur son sweat, il surprenait son monde.

Tandis que les graffeurs s’activaient pour mettre la touche finale à leurs réalisations, les autres s’activaient à vider le bar et les stocks pourtant conséquent de socca. Les gérants d’Impact, la clique de Panda Productions et tous ceux qui étaient associés à ce rendez-vous pouvaient avoir le sourire. Mission accomplie.

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Nicolas Donati : « Bien véhiculée, cette culture peut toucher tout le monde »

Un peu avant 21 heures, on parvenait à mettre la main sur le très sollicité Nicolas Donati. Avec le fiston sur les épaules, il nous expliquait sa démarche :

« Je me disais que c’était dommage que l’art reste cantonné à une catégorie de gens et ne sorte pas des gens. Beaucoup croient qu’il faut être blindé pour s’y intéresser. Avec l’association des commerçants, j’ai voulu que les riverains, les enfants des écoles et les gens de passage puissent découvrir des artistes du coin ou d’ailleurs. »

« La Ville de Nice nous a aidés pour la communication. Robert Roux, qui est conseiller municipal délégué à la Culture, nous a mis en contact avec deux galeries, GCA et Helenbeck. Elles ont accepté de nous prêter des œuvres majeures. »

« De leur côté, les commerçants ont ouvert leurs vitrines pour transformer la rue en véritable espace d’exposition. Ceux qui se plaignent du fait qu’il ne se passe jamais rien ont eu l’occasion de participer à quelque chose d’évolutif. Ils ont bien joué le jeu. »

« Ce qui me fait plaisir, c’est que les gens adhérent à un truc qui n’est pas forcément dans leur culture. Souvent, ce qui est associé au mouvement hip-hop ou au graffiti est mal vu par certains. Mais avec une bonne ambiance et un minimum d’ouverture d’esprit, on arrive à les intéresser à cette street culture. Bien véhiculée, elle peut toucher tout le monde. »