Mercredi à Cannes, la deuxième soirée au programme des Plages Electroniques faisait dans le genre “electropical hip-hop”. Comme d’habitude, le mélange était savoureux. Pourtant, quelques heures avant le début des premiers sets, la pluie  a failli tout faire tomber à l’eau. Très vite, ceux qui avaient décidé de faire le déplacement ont oublié ces considérations météo pour profiter d’un nouveau morceau de bravoure sur la plage jouxtant le palais des festivals.

Ça a commencé par une douche froide, un coup de blues du ciel, habituellement si bleu, qui s’est mis à laisser filer quelques larmichettes. Sur le Net, les organisateurs, à défaut d’être totalement au sec, activaient le plan Orsec. “La soirée ne sera pas annulée, sauf cas de force majeur”, pouvait-on lire en glissant d’un mur Facebook à l’autre. Ouf ! Les fêtards pouvaient laisser le K-way au placard et rappliquer en tenue de parfait plagiste. Dans le train pour Cannes, c’était plutôt ambiance sauna : rames bondées, clim’ en rade, passagers en bad. “À nous de vous faire préférer le train”, vraiment ? Aussi égale à elle-même fut-elle, la SNCF n’était pas responsable de (tous) les retards des Plagistes. Certains, tendance poules mouillées, ont longtemps hésité avant de pointer le bout de leur nez. En tout début de soirée, DNA avait pour mission de faire bouillir la marmite. Pas de la tarte.

Douster, de Sound Pellegrino Thermal Team, devait faire en sorte que ça gaze au moment où les stars de son crew, Teki Latex et Orgasmic, allaient prendre la relève. Petit à petit, la pression montait. Les basses commençaient à claquer et les fessiers à remuer (et pas l’inverse). Dehors, la file d’attente commençait à s’étirer. Forcément un bon présage pour cette soirée “Electropical” qui a bien failli rester en fond de cale…

Oubliée, la petite averse. On se pressait pour voir Teki Latex bouger comme un petit bonhomme en mousse haranguant la foule. Derrière les platines, le p’tit père (qui a dit dodu ?) balance la sauce. En compagnie d’Orgasmic, beatmaker de TTC (le groupe de hip hop emmené par Teki), il plie l’affaire. Même en plein air, “Dans le club” est toujours le titre qui fait secouer les têtes.

Tout juste à point, les milliers de fans d’electro allaient finir par décoller sous l’impulsion de Foreign Beggars, un combo londonien taillé pour la scène. Avec leur hip-hop crasseux, visqueux et leurs basses trempées dans l’acide, les dénommés Orifice Vulgatron et Metropolis. Flow mitraillette, batons de TNT planqués sous la casquette, les deux MC’s allumaient sévère, en véritables as du grime. L’étau se resserrait et pas loin de 9 000 spectateurs (selon les organisateurs) se balançaient en cadence… ou pas. A l’énergie, la foule repartait pour un tour, bras tendus vers les platines.

Les gars de Foreign Beggars, sans doute habitués aux ambiances plus underground, s’amusaient comme des gamins et organisaient un bon vieux pogo des familles sur le sable. Prise de cours, la sécurité ramenait ses biscotos et faisait le ménage. Ceux qui échappaient à la foire d’empoigne en profitaient pour danser pendant la poignée de minutes qui les séparaient du retour, sous les lueurs de la pleine lune. Ereintant mais défoulant.

Et dire que ça recommence la semaine prochaine…

Article précédemment publié sur hyperlocalnews.fr