Un samedi après-midi, on a gravi les marches menant au Château de Nice pour rencontrer un groupe de folk. On a sué comme jamais, certes. Mais la montée en valait la peine.

Quelques heures plus tard, The Dead Fox On The Road jouait à la Fête du Château. Juste avant les balances, au milieu des chapiteaux de la CGT Cheminots et du Parti Communiste Français, Anthony Passeron et Laetitia Faure ont répondu à nos questions.


Comment est né The Dead Fox On The Road ?

Anthony : C’est un duo pop/folk de Niçois qui s’est formé en avril 2015. On était bénévoles au festival Easter On The Sun, on a vu des groupes jouer. Ça nous a donné de franchir le pas et on l’a fait. Je faisais déjà de la musique de mon côté depuis 10 ans, notamment avec un groupe de reprises. J’avais dans un coin de ma tête ce vieux rêve de monter un groupe de folk un jour.

Laetitia : Je n’avais jamais imaginé faire de la scène. Tout est allé très vite. On a été sélectionnés au tremplin des Nuits du Sud. Ça impliquait de faire deux scènes à Vence, une fin mai et l’autre en première partie de Hubert-Félix Thiéfaine et Zebda. On a été obligés de jouer beaucoup pour être rodés.

Et pourquoi s’appeler Le Renard Mort Sur La Route ?

Anthony : J’avais déjà trouvé ce nom bien avant que le groupe existe. Je trouvais que ça sonnait bien pour ce style de musique. Du coup, quand on a décidé de se lancer, le nom était déjà tout prêt. 

Laetitia : On a voulu le changer à un moment donné. On pensait que c’était trop long. Mais on s’est aperçu que les gens l’adorent. Ça nous a confortés dans notre choix. 

La folk est venue naturellement à la création du groupe  ?

Laetitia : Pour Anthony, c’était assez naturel. De mon côté, j’aimais bien la folk. Mais avec des références très différentes d’Anthony. Je pense qu’à deux, on a amené de nombreuses influences en gardant le trait principal qu’est la folk. Après on peut partir dans la pop, dans le rock.

Quelles sont vos influences ?

Anthony : Quand on doit les choisir, les deux influences les plus prégnantes chez nous ce sont les Moldy Peaches pour leur coté duo garçon-fille naïf, peu produit, lo-fi.

Et pour la construction et l’écriture des chansons, c’est clairement Neil Young.

Laetitia : On écoute vraiment d’autres styles de musique. En dehors de la folk, on adore Courtney Barnett. On aime la structure de ses chansons, le propos de ses paroles, mais surtout sa mélancolie avec un côté rock.

Que racontent vos chansons et comment décririez-vous votre musique ?

Anthony : On a une musique bipolaire. Il y a une volonté d’avoir toujours une nostalgie dans la chanson joyeuse et une pointe d’humour dans la chanson triste. Soit dans le propos soit dans la manière de l’interpréter. Comme dans KFC par exemple. Mais dans nos chansons il y a un trait commun : la nostalgie du temps qui passe. Il y a 80% de chansons d’amour. Et il y a aussi ce côté naïf post-adolescent.

Laetitia : On a vraiment ces deux facettes. On ne se prend pas au sérieux, on peut être drôles. Et après, on passe à quelque chose de plus profond. C’est un peu ce qu’on essaie de faire sur scène aussi. On commence avec le côté décalé de KFC. 

Et si le public accroche, on les amène dans notre univers et on termine avec Old Kind Of You. 

Sur scène, vous arrivez en guitare-voix, souvent en première partie avec un public qui ne vous attend  pas et ne vous connaît pas forcément. Vous abordez comment ces moments ? 

Laetitia : Quand tu es à deux sur scène, c’est hyper casse-gueule. Tout repose sur nous. Dans un groupe plus fourni, la fausse note passe à la trappe. Alors que pour nous, elle fait mal de suite. 

Anthony : Sans dire que c’est facile pour eux, les autres groupes qui font un truc plus punchy se justifient mieux sur scène qu’un groupe avec une musique plus calme. On arrive à se placer sur différentes scènes avec l’idée qu’on ne sera jamais un groupe de rock au sens strict du terme. Et c’est précieux pour nous. C’est un avantage, on fait passer d’autres émotions.

Pour le moment, je préfère les premières parties. Quand je sais que des gens viennent spécialement pour nous, même sur des très petites scènes, je me liquéfie. Quand le public n’est pas venu pour toi, c’est que du bonus si tu arrives à lui plaire.

 

« On veut que ça reste un jeu. On a envie de s’amuser. En studio, on se briderait complètement »

 

Vous enregistrez à la maison, sur iPad…

 Anthony : Aujourd’hui avec un iPad, tu peux facilement faire une démo assez sympa de ta chanson avec un grain qui montre qu’elle est enregistrée chez toi. Je trouve qu’on est bons dans l’instinct, même si ça fait prétentieux. On dira plutôt qu’on est mauvais dans la contrainte. Aller en studio, y passer du temps, ce n’est pas pour nous. Il y a une énorme pression et ça coute très cher. Quand t’es à la maison avec ton iPad, c’est beaucoup plus simple.

Laetitia : Il y a aussi le fait qu’on veut que ça reste un jeu. On a envie de s’amuser. En studio, on se briderait complètement. Et on n’a pas forcement envie d’attendre d’avoir la somme d’argent nécessaire pour aller au studio. A la maison, il y a plein de petites erreurs, mais au moins, c’est nous. 

The dead fox on the road 2

On rapproche souvent la folk aux États-Unis. The Dead Fox On The Road aux States c’est un rêve, un projet ?

Anthony : On a caressé l’idée pendant longtemps, et notamment au tout début, avant qu’on trouve des dates en France. Quelquefois on s’est retrouvés à jouer dans des coffee shop devant des anglophones et on s’apercevait qu’évidemment, ils réagissaient à la moindre subtilité, à la moindre plaisanterie dans le texte. On pensait qu’il y avait quelque chose à faire. Ça reste un projet, mais on a créé une belle dynamique de dates en France et on privilégie ça aujourd’hui.

Tous vos morceaux sont en anglais. Une nouvelle chanson en français, c’est envisageable ?

Laetitia : On aimerait bien en faire une, mais il faut qu’elle arrive tranquillement. On a déjà une reprise en français. On ne veut pas forcer les choses. La folk c’est traditionnellement anglophone, donc on se laisse le temps.

Chanter en français, c’est redevenu à la mode, ça marche. Mais on n’a pas forcément envie de suivre les modes . Même s’il y a des groupes qui mixent les deux, comme Deportivo et Alpes avec Lune et l’autre, qu’on aime beaucoup.


Durant l’été, le duo sera notamment en live le 16 juillet à l’Arbre à Casseroles party #17 à La Seguinière (La Gaude), le 23 juillet au Mas des Escaravatiers en première partie de Jain et le 28 juillet au au Festival Scène de Cirque de Puget-Théniers. Une autre date est d’ores et déjà prévue le 30 septembre à l’Espace Magnan, à Nice.

Photos Olivia Borg